Troubles temporo-mandibulaires
Gestion des douleurs chroniques de la mâchoire à Paris 16
Prise en charge par Charbel Kortbawi, ostéopathe à Paris 16, au Cabinet Victor Hugo — 7 rue Georges Ville (75116).
Comprendre les douleurs chroniques de la mâchoire
Définition et épidémiologie
Les douleurs chroniques de l'articulation temporo-mandibulaires (ATM) sont la deuxième cause des douleurs musculosquelettiques chroniques les plus fréquentes après les douleurs lombaires, affectant 6 à 9 % des adultes dans le monde. Elles se manifestent par des douleurs au niveau de la mâchoire et des structures associées, ainsi que par des symptômes comme des maux de tête, des douleurs auriculaires, des bruits ou crépitements dans l'articulation temporo-mandibulaire et une altération de la fonction mandibulaire. La douleur chronique est définie par une douleur présente depuis plus de 3 mois.
Quelles sont les causes ?
- Dysfonction temporo-mandibulaire (luxation discale, arthrose)
- Syndrome myofascial (bruxisme, serrement) : sur-utilisation musculaire créant des points gâchettes douloureux
- Traumatismes directs ou répétés (chirurgie dentaire prolongée, choc cervical ou facial)
- Affections inflammatoires systémiques (polyarthrite, spondylarthrite) pouvant toucher l'ATM
Ces agressions maintenues entraînent une sensibilisation centrale : le système nerveux abaisse son seuil nociceptif et amplifie chaque stimulus. À ce socle biologique s'ajoutent les facteurs psychologiques et sociaux : stress, anxiété, dépression, surcharge de travail, sommeil perturbé ou manque de soutien social.
Symptômes des douleurs de la mâchoire
- Douleurs en avant de l'oreille
- Douleurs au niveau de la mâchoire
- Douleurs au niveau des muscles masticateurs
- Maux de tête
- Bruits dans l'articulation (claquement, crissements)
- Limitation d'ouverture de bouche
- Acouphènes
SADAM et DC/TMD : terminologie et classification
Trois termes coexistent dans la littérature pour désigner ces troubles. En France, on parle historiquement de SADAM (Syndrome Algo-Dysfonctionnel de l'Appareil Manducateur). À l'international, le terme reconnu est TMD (Temporomandibular Disorders). Le sigle ATM ou TMJ désigne uniquement l'articulation elle-même, pas la pathologie. Ces mots recouvrent la même réalité clinique.
Le cadre diagnostique de référence est le DC/TMD (Diagnostic Criteria for Temporomandibular Disorders), publié en 2014 par un consortium international dirigé par Schiffman et Ohrbach. Il classe les troubles en trois grandes catégories :
- Troubles musculaires — douleurs myofasciales des muscles masticateurs (masséters, temporal, ptérygoïdiens), déclenchées par la palpation ou la contraction. C'est la présentation la plus fréquente en cabinet d'ostéopathie.
- Troubles intra-articulaires — luxations discales avec ou sans réduction, arthralgie, arthrose de l'ATM. Signes évocateurs : craquement, ressaut, blocage transitoire.
- Troubles mixtes — association des deux tableaux précédents chez un même patient.
Le DC/TMD complète cet axe clinique par un second axe qui évalue les composantes psychologiques (anxiété, dépression, catastrophisme), dans la lignée du cadre biopsychosocial retenu par les recommandations BMJ 2023.
Signes cliniques clés et signaux d'alarme
Certains signes orientent vers une dysfonction ATM et permettent de calibrer la prise en charge :
- Douleur préauriculaire — localisée juste en avant du tragus, aggravée par la mastication ou l'ouverture forcée.
- Limitation d'ouverture buccale — un seuil de 40 mm d'interstice inter-incisif est retenu par le DC/TMD comme référence internationale. En dessous, on parle de restriction d'ouverture.
- Bruits articulaires — craquement (souvent associé à un déplacement discal réductible), crépitation (plutôt en faveur d'une composante arthrosique).
- Blocage bouche ouverte ou bouche fermée — épisodes brefs ou durables, à distinguer d'une simple raideur matinale.
- Douleurs référées — otalgie sans anomalie ORL, céphalée temporale, cervicalgie haute, sensation d'oreille bouchée.
Certains éléments justifient un avis médical avant toute prise en charge manuelle : blocage complet et brutal en ouverture, dysphagie associée, perte de poids inexpliquée, fièvre, antécédent de cancer ORL. Ces situations sortent du champ ostéopathique et doivent être orientées vers un médecin.
Mâchoire, cervicales et céphalées : la chaîne dysfonctionnelle
Les patients présentant un SADAM rapportent très souvent des douleurs cervicales hautes et des céphalées associées. Ce n'est pas une coïncidence : c'est la traduction d'une convergence neuro-anatomique précise.
Les afférences sensorielles du nerf trijumeau (qui innerve la mâchoire, la face et une partie du crâne) et celles des racines cervicales C1, C2 et C3 convergent sur un même relais dans le tronc cérébral : le noyau trigémino-cervical. Cette convergence a été décrite anatomiquement par Bogduk en 1992 et sert de base neurophysiologique au concept de céphalée cervicogénique.
Sur le plan clinique, Fernández-de-las-Peñas et son équipe ont montré en 2010 que les patientes atteintes de SADAM myofascial présentent des points gâchettes actifs à la fois dans les muscles masticateurs (temporal, masséter) et dans les muscles cervicaux hauts (trapèze supérieur, sterno-cléido-mastoïdien, sous-occipitaux). Les zones de douleur référée de ces points recouvrent précisément les régions où le patient ressent ses maux de tête.
Conséquence pratique : traiter uniquement la mâchoire chez un patient présentant aussi des tensions cervicales revient à ne prendre en charge qu'une partie du système. L'approche ostéopathique s'attache à évaluer et libérer la chaîne cervico-céphalique dans son ensemble, ce qui explique pourquoi une amélioration mandibulaire s'accompagne fréquemment d'une réduction des céphalées et de la sensation d'oreille bouchée.
Traitement des douleurs chroniques de la mâchoire
Les dernières recommandations publiées dans le BMJ (British Medical Journal) en décembre 2023
Fortes recommandations en faveur :
- Thérapie comportementale et cognitive (TCC)
- Mobilisations passives de l'articulation
- Exercices de posture
- Exercices et étirements des muscles de l'articulation ATM
- Traitements des points gâchettes (trigger points therapy)
- Soins habituels
Recommandations en faveur sous conditions :
- Manipulation
- Anti-inflammatoires non stéroïdiens + TCC
- Acupuncture
- Exercices + mobilisations de l'articulation
Traitement par ostéopathie et thérapie manuelle à Paris 16
Cette prise en charge s'inscrit dans notre approche globale de la douleur chronique musculo-squelettique.
Efficacité scientifiquement prouvée du traitement ostéopathique
L'ostéopathie et la thérapie manuelle sont des approches qui ont scientifiquement démontré leur efficacité dans la prise en charge des douleurs chroniques de la mâchoire, et ont montré une réduction significative de la douleur et une amélioration de la qualité de vie des patients. Les techniques ostéopathiques incluent des techniques manuelles spécifiques et sans danger pour relâcher les muscles de l'articulation temporo-mandibulaire, mais aussi du cou.
Mr Charbel Jean Kortbawi DO, MSc, ostéopathe spécialisé dans la gestion de la douleur, prend en charge dans son cabinet situé à Paris 16, les douleurs aiguës et chroniques de l'articulation temporo-mandibulaire.
Ostéopathe, dentiste, orthodontiste : qui fait quoi ?
Les recommandations BMJ 2023 pour le SADAM insistent sur une prise en charge multimodale et coordonnée. Chaque professionnel intervient sur une composante distincte du problème :
- Le dentiste — évalue l'occlusion, dépiste les foyers infectieux, prescrit une gouttière occlusale de désengrènement (utile en cas de bruxisme confirmé), traite les caries et parodontopathies qui peuvent entretenir la douleur.
- L'orthodontiste — intervient si la dysfonction est structurellement liée à une malocclusion sévère (classe II importante, béance antérieure, décalage transversal), généralement après avis dentaire préalable.
- L'ostéopathe — traite la composante musculaire (tensions des masséters, temporal, ptérygoïdiens), la mobilité fonctionnelle de l'ATM et la chaîne cervicale associée. Il intègre l'éducation à la douleur et le conseil postural.
- Le psychologue (TCC) — indiqué quand le stress, l'anxiété ou le catastrophisme entretiennent le bruxisme et la douleur ; recommandation forte de la BMJ 2023.
Ces approches ne s'opposent pas. Elles sont d'autant plus efficaces qu'elles se coordonnent, et une prise en charge isolée sur une seule dimension ignore souvent ce qui entretient la douleur au long cours. La question ostéopathe ou kinésithérapeute se pose fréquemment dans les tableaux chroniques : les deux professions traitent des dimensions distinctes du problème.
Questions fréquentes (FAQ)
Combien de séances faut-il pour les douleurs de mâchoire ?
En général, 4 à 6 séances sont nécessaires pour les douleurs chroniques de l'ATM. Les douleurs aiguës peuvent répondre en 2 à 3 séances. La coordination avec le dentiste (gouttière occlusale) améliore significativement les résultats.
Faut-il voir un dentiste ou un ostéopathe pour les douleurs de mâchoire ?
Les deux approches sont complémentaires. Le dentiste traite les composantes occlusales (gouttière, ajustement dentaire). L'ostéopathe agit sur les composantes musculaires et articulaires. Une prise en charge coordonnée est recommandée par les experts selon les recommandations BMJ 2023.
L'ostéopathie peut-elle aider contre le bruxisme nocturne ?
L'ostéopathie réduit les tensions musculaires liées au bruxisme (muscles masséters, temporal, ptérygoïdiens) et peut diminuer la fréquence des épisodes. Elle ne traite pas la composante psychologique du bruxisme, pour laquelle la TCC est recommandée.
Quels sont les symptômes des troubles de l'ATM ?
Les symptômes incluent : douleurs en avant de l'oreille, limitation d'ouverture buccale, bruits articulaires (claquements, crissements), maux de tête, douleurs cervicales associées et parfois des acouphènes. Ces symptômes peuvent être unilatéraux ou bilatéraux.
Ma mâchoire craque : est-ce grave ?
Un craquement isolé, sans douleur ni limitation d'ouverture, est fréquent dans la population adulte et ne nécessite pas de traitement en soi. Il devient significatif quand il s'associe à une douleur, un blocage, une déviation de l'ouverture ou une gêne à la mastication. Dans ce cas, une consultation permet d'identifier s'il s'agit d'un déplacement discal réductible et d'ajuster la prise en charge.
Combien de temps pour débloquer une mâchoire bloquée ?
Un blocage aigu bouche fermée (impossibilité d'ouvrir au-delà de 25 à 30 mm, souvent après un stress ou un traumatisme dentaire) est une urgence relative qui doit être évaluée dans les 48 à 72 heures. La restauration de l'amplitude prend en général 1 à 3 séances si l'intervention est précoce. Un blocage installé depuis plusieurs semaines nécessite une prise en charge plus longue, souvent associée à un bilan dentaire.
L'ostéopathie fonctionne-t-elle sans gouttière dentaire ?
Oui, l'ostéopathie peut être efficace seule sur la composante musculaire et articulaire du SADAM. La gouttière apporte un bénéfice complémentaire quand le bruxisme nocturne est confirmé : elle protège les dents et réduit la surcharge des articulations. Le guideline BMJ 2023 émet des recommandations fortes en faveur de la thérapie manuelle, des exercices, de la TCC et de l'éducation à la douleur ; la gouttière occlusale est recommandée sous conditions selon le profil clinique.
L'ostéopathie peut-elle soulager les acouphènes liés à l'ATM ?
Certains acouphènes sont modulés par la position et la contraction de la mâchoire, ce qui suggère une origine somato-sensorielle liée à la convergence trigémino-cervicale. Chez ces patients, une prise en charge combinée mâchoire + cervicales hautes peut réduire l'intensité ou la fréquence de l'acouphène. L'ostéopathie n'agit pas sur les acouphènes d'origine cochléaire (perte auditive, exposition au bruit), qui relèvent de l'ORL. Détails sur cette relation dans l'article dédié.
Références scientifiques
- Schiffman E, Ohrbach R, Truelove E, et al. Diagnostic Criteria for Temporomandibular Disorders (DC/TMD) for Clinical and Research Applications. J Oral Facial Pain Headache. 2014;28(1):6-27. doi.org/10.11607/jop.1151
- Busse JW, Casassus R, Carrasco-Labra A, et al. Management of chronic pain associated with temporomandibular disorders: a clinical practice guideline. BMJ. 2023;383:e076227. doi.org/10.1136/bmj-2023-076227
- Armijo-Olivo S, Pitance L, Singh V, Neto F, Thie N, Michelotti A. Effectiveness of Manual Therapy and Therapeutic Exercise for Temporomandibular Disorders: Systematic Review and Meta-Analysis. Phys Ther. 2016;96(1):9-25. doi.org/10.2522/ptj.20140548
- Slade GD, Ohrbach R, Greenspan JD, et al. Painful Temporomandibular Disorder: Decade of Discovery from OPPERA Studies. J Dent Res. 2016;95(10):1084-1092. doi.org/10.1177/0022034516653743
- Lobbezoo F, Ahlberg J, Raphael KG, et al. International consensus on the assessment of bruxism: Report of a work in progress. J Oral Rehabil. 2018;45(11):837-844. doi.org/10.1111/joor.12663
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- Fernández-de-las-Peñas C, Galán-del-Río F, Alonso-Blanco C, Jiménez-García R, Arendt-Nielsen L, Svensson P. Referred pain from muscle trigger points in the masticatory and neck-shoulder musculature in women with temporomandibular disorders. J Pain. 2010;11(12):1295-1304. doi.org/10.1016/j.jpain.2010.03.005
- Bogduk N. The anatomical basis for cervicogenic headache. J Manipulative Physiol Ther. 1992;15(1):67-70. PMID 1740655



