La cervicalgie commune : causes, facteurs de risque et traitements
- Charbel Kortbawi
- il y a 2 jours
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La cervicalgie mécanique — communément appelée douleur cervicale non spécifique — est l’une des plaintes musculo-squelettiques les plus fréquentes chez l’adulte. Si elle est le plus souvent bénigne, elle peut devenir persistante et altérer significativement la qualité de vie.Comprendre son origine, sa fréquence et les stratégies thérapeutiques validées scientifiquement est essentiel pour éviter la chronicisation et adopter une prise en charge adaptée.

La douleur cervicale d'origine mécanique, c'est quoi ?
La cervicalgie mécanique correspond à une douleur localisée au niveau du rachis cervical, c’est-à-dire entre la base du crâne et la première vertèbre thoracique. Elle peut irradier vers les épaules ou la région inter-scapulaire, mais sans atteinte neurologique objectivable (absence de radiculopathie ou de myélopathie).On parle de douleur « mécanique » car elle est influencée par les mouvements, les postures prolongées ou les contraintes biomécaniques. Elle implique les structures musculo-squelettiques du cou : muscles, articulations zygapophysaires (facettes), disques intervertébraux et ligaments.Dans la grande majorité des cas, aucune lésion grave n’est retrouvée.
Épidémiologie: Une pathologie fréquente à l’échelle mondiale
Les données les plus fiables proviennent du Global Burden of Disease 2019.En 2019 :- 222,7 millions de personnes vivaient avec une douleur cervicale dans le monde.- La prévalence standardisée par âge était de 2 696,5 pour 100 000 habitants (environ 2,7 % de la population mondiale).- Les femmes sont légèrement plus touchées que les hommes. La cervicalgie figure parmi les principales causes mondiales d’années vécues avec incapacité. En Europe, les études estiment qu’entre 30 et 50 % des adultes rapportent au moins un épisode de douleur cervicale sur une année. En France, les données disponibles suggèrent une prévalence comparable.
Pourquoi la cervicalgie apparaît-elle ?
La cervicalgie mécanique résulte d’une interaction complexe entre contraintes biomécaniques répétées, sédentarité et postures statiques prolongées, stress et facteurs psychosociaux, condition physique générale et antécédents de douleur.
Les structures cervicales — muscles, articulations facettaires, disques — peuvent participer à la douleur, mais aucune étude ne permet d’attribuer un pourcentage précis à chaque structure. Dans les formes persistantes, les mécanismes neurophysiologiques prennent une place importante. La sensibilisation périphérique et parfois centrale explique que la douleur puisse se maintenir même en l’absence d’aggravation structurelle. Ce modèle biopsychosocial est aujourd’hui largement validé en recherche clinique.
Facteurs de risque des cervicalgies communes
Sexe féminin et âge : plusieurs revues prospectives montrent que être de sexe féminin et plus âgé augmente la probabilité de développer des douleurs cervicales non spécifiques.
Antécédents de douleurs musculosquelettiques
Contraintes psychosociales au travail (fortes exigences professionnelles, faible soutien social/collègues) : associé de manière consistante à l’apparition de cervicalgies dans des revues systématiques.
Postures prolongées, comportements sédentaires et ergonomie au travail ( positions de tête non neutres, travail prolongé sur écran, posture assise) : bien décrits comme facteurs de risque de surcharges musculaires cervicales et douleurs liées à une posture non ergonomique.
Manque d’activité physique / condition musculaire réduite : plusieurs méta-analyses trouvent une association entre faible exercice et risque augmenté de douleurs cervicales.
Facteurs psychologiques généraux (stress, anxiété) : fortement associés aux épisodes de douleur cervicale dans des revues sur l’épidémiologie de la douleur.
Ergonomie et environnement professionnel (posture de clavier, organisation de la tâche) : certaines revues indiquent que des facteurs physiques liés au milieu de travail peuvent augmenter le risque de cervicalgie.

Quand faut-il s’inquiéter ?
La cervicalgie mécanique est rarement liée à une pathologie grave.
La prévalence des pathologies sérieuses responsables de douleurs rachidiennes en soins primaires est inférieure à 1 %.
Certains signes doivent néanmoins alerter : fièvre inexpliquée, perte de poids involontaire, déficit neurologique progressif, traumatisme majeur, antécédent de cancer.
Traitement des douleurs cervicales mécaniques
À court terme (phase aiguë / douloureuse)
Thérapies manuelles (ostéopathie, mobilisations, manipulations, techniques myofasciales) : traitements de choix pour un soulagement rapide de la douleur, amélioration de la mobilité et diminution des tensions.
Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : peuvent être indiqués sur une courte durée pour réduire la douleur et l’inflammation, en complément d’une prise en charge active.
Éducation et réassurance : expliquer que la cervicalgie est fréquente, le plus souvent bénigne et d’évolution favorable afin de diminuer la peur du mouvement et favoriser la récupération.
À moyen terme
Exercice thérapeutique spécifique : pierre angulaire du traitement.
Renforcement des muscles cervicaux profonds et superficiels
Travail d’endurance musculaire
Contrôle moteur et stabilité cervicale
Objectif : amélioration durable de la fonction et réduction du risque de récidive.
À long terme / formes persistantes
Approche multimodale :
Activité physique progressive
Gestion du stress
Thérapie cognitivo-comportementale si facteurs psychosociaux associés
Vise à prévenir la chronicisation et améliorer la qualité de vie.

Charbel Kortbawi DO, MSc.
Ostéopathe spécialisé en Sport et Gestion de la douleur chronique à Paris 16
Diplôme Français d’Ostéopathie
Master 2 Neurosciences.
Diplôme Universitaire - Gestion de la douleur chronique.
Diplôme Universitaire - Douleur et motricité humaine.
Diplôme Universitaire - Anatomie Clinique et radiologique.




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